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Jung et moi

(oh ce titre pédant !!! )

Comme disait Carl Jung, qui était un gai luron à ses heures, « Zeig mir einen gesunden Mann und ich werde ihn heilen. »

Bon, évidemment, ça perd un peu de son sel quand on ne parle pas allemand (ou qu’on l’a oublié, comme c’est mon cas), empressons-nous donc d’aller lire la traduction de cette sentence : « Montrez-moi un homme sain d’esprit, et je le guérirai ». 

Comme quoi, l’humour et la psychanalyse ne sont pas incompatibles. 

Apparemment, il a dit tout un tas d’autres trucs intelligents, mais je n’en suis qu’au début de ma découverte, s’il vous plaît, ne me divulgâchez pas la fin, j’aimerais apprendre par moi-même qui a tué (symboliquement) Freud (dans le living-room, avec un chandelier ?). 

Vous l’aurez peut-être compris, je suis en train de lire le dernier ouvrage de Frédéric Lenoir, intitulé « Jung et moi »… euh, je veux dire « Jung, un voyage vers soi ». Vous me pardonnerez la confusion, mais il faut dire que je suis encore sous le choc des premiers chapitres, dévorés cette nuit après avoir abandonné un polar mal écrit, d’un ennui abyssal. Je n’avais plus que ce livre dans ma liseuse ; je me suis dit « oh, de la philo, pour dormir, c’est peut-être bien ? ». Résultat : deux heures plus tard, quelques cernes en plus et un cerveau branché à 100 %, il a fallu que je m’oblige à éteindre histoire de grapiller quelques heures de sommeil. 

Alors pourquoi une telle plongée dans un livre au thème à première vue si peu distrayant (sauf si votre conception d’une bonne soirée de détente consiste à lire Kant dans le texte) ? D’abord, l’écriture limpide et bien enlevée de Lenoir vous happe immédiatement, en faisant de Carl Jung un personnage romanesque. Ensuite, on a l’impression d’être soudain devenu intelligent, car des notions assez complexes paraissent tout à coup claires et intelligibles. Enfin, et là je ne parle que de mon expérience propre, je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, dans un livre, de percevoir chez l’auteur une pensée qui résonne intimement avec la vôtre, d’être ébloui par la capacité d’un auteur à mettre les mots justes sur vos sensations, vos émotions, vos pensées, que vous croyiez uniques et indicibles ? En tant qu’autrice, le plus beau compliment qu’on puisse me faire est « vous avez mis des mots sur ce que je ressentais ». C’est exactement ce qui m’est arrivé hier, en lisant les citations de Carl dont Frédéric Lenoir émaille son texte, et en appréhendant une à une ses théories.

Vous me direz que j’invente l’eau tiède, ou que je fais un bien pauvre monsieur Jourdain : il faisait de la prose sans le savoir, et voilà que je me découvre Junguienne sans l’avoir jamais su ! Mais il arrive parfois, à certaines périodes de la vie, que l’apprentissage de soi coïncide avec la découverte d’un texte, d’une pensée écrite des années voire des siècles plus tôt. On se découvre rattaché à une autre parcelle de conscience humaine, qui a su, en son temps, exprimer les questionnements et les embryons de réponse qui nous agitent. 

Alors, on se sent moins seul, et on peut poursuivre sans peur son chemin vers soi, avec un guide de plus…

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