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Les travaux, acte 1

Aaaaaah ! les travaux !!! 

Qui n’a pas connu cette joie de faire des travaux chez soi ? L’excitation des premières idées qui fusent, le plaisir de noter noir sur blanc le projet, de dessiner des plans, d’inscrire la liste de tout ce dont on aura besoin comme outils, fournitures, … 

C’est avec cette détermination et ce dynamisme que ma belle-soeur et moi avons proposé à ma mère de rafraîchir sa cuisine. Nous avons fixé un jour, deux, même, pour avoir de la marge : les travaux, on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finit, ahahah. Pleines d’optimisme, nous étions prêtes à l’action et nous sommes reposées le week-end précédent comme avant une épreuve sportive (car nous sommes optimistes mais pas totalement naïves non plus.)

Enfin, le jour J est arrivé. Le carrelage a été acheté, ainsi que le joint et la colle en quantité suffisante (c’est d’ailleurs en sortant les sacs de 25 kg du coffre que notre enthousiasme a commencé à s’éroder) ; on a même prévu les baguettes spéciales à insérer entre mur et carreaux, pour la finition. Les trous ont été rebouchés, la disqueuse est branchée, l’escabeau prêt à servir. 

On commence par faire sauter les carreaux précédents, et là, miracle, tout s’en va sans heurts, du premier coup. Aucune mauvaise surprise ! A midi, autour de l’apéro, nous nous félicitons, trinquons autour du bon repas que ma mère, aux petits soins pour ses ouvrières du jour, a préparé. 

L’après-midi, ça se corse. La maison est ancienne, ça a son charme. Mais ça a aussi des murs d’une courbure étonnante et des meubles qui, ma foi, s’adaptent aux fantaisies de la vieille bâtisse. Je retrouve donc ma belle-soeur en train de tenir un carreau en l’air, au-dessus de l’évier : le plan de travail est trop écarté du mur, le carreau ne peut s’y appuyer et glisse donc inexorablement derrière dès qu’elle le lâche. Une demi-heure plus tard, elle et ma mère ont trouvé une solution et le carreau repose sur deux couteaux à enduire, eux-mêmes fixés par une pince, elle-même lestée par un marteau et deux boîtes à gâteaux en équilibre hasardeux. Sans respirer pour ne pas démolir le fragile édifice, on s’éloigne de la cuisine et on décide de faire autre chose en attendant que ça sèche. 

De fil en aiguille, il est près de 19 heures quand je quitte les lieux. Le carreau est toujours entre les mains du Dieu-des-ouvriers-du-dimanche, la poussière blanche produite par la disqueuse se dépose en fumée irritante un peu partout dans la maison, la vaisselle est entassée jusque dans la salle-de-bain et ma mère contemple le chaos ambiant avec fatalisme. 

Demain soir, c’est sûr, le chantier est fini ! 

Ah ah. 

La bonne blague. 

La journée sera composée de mille tâches minuscules mais dont chacune prend un temps proportionnellement démesuré pour finir le carrelage, jointer la partie déjà sèche, fixer des meubles au mur, poser quelques baguettes, bref, rénover comme on peut. 

S’ensuivent donc environ 273 aller-retours dans les escaliers de la cave (depuis, c’est bizarre, mais mon genou se bloque, non sans provoquer une douleur intense, dès que je monte la moindre marche – je vois le médecin tout à l’heure, je pense qu’il me donnera de l’huile, l’articulation a dû rouiller, je ne vois que cette explication) pour trouver des vis, des outils, un vieux reste de joint blanc (il s’avère que « ton sable » ressort jaune pisseux et pas du tout le joli blanc cassé qu’il paraissait être sur l’image du paquet), un niveau, deux rondelles-putain-pourquoi-cette-vis-ne-tient-pas, de l’enduit de rebouchage (après 3 trous de perceuse impeccables, le 4ème a creusé un trou de la taille d’une noix dans le mur), une équerre, re-de l’enduit de rebouchage (mais pourquoi tu l’as redescendu ? – je ne pensais pas qu’on allait s’en resservir ! – oui bah pense pas et rapporte moi le paquet ! – ça va c’est pas la peine d’être agressive… – MAIS JE SUIS PAS AGRESSIVE, B***, JE SUIS TRES CALME !). 

On s’accorde ensuite un jour de pause, officiellement pour recommencer bien en forme le jeudi, et pour éviter de faire des bêtises à cause de la fatigue. Officieusement pour maintenir la paix familiale, la tension étant à son comble après deux jours passés à chercher les objets et enjamber tout ce qui s’accumule au milieu du passage au fur et à mesure de l’avancée des travaux. 

La suite au prochain épisode…

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